Aller au contenu

Le coaching c’est cher !?… Éléments de regard sur le coût du coaching

Une entreprise peut être frileuse à investir en action de coaching pour ses collaborateurs. En effet, il est difficile d’appréhender le résultat, qui ne peut être garanti, et de quantifier le bénéfice. Pourtant, c’est un pari pour lequel les statistiques sont favorables. Cet article propose des éléments d’information et de réflexion sur le coût du coaching.

Comment évaluer le retour sur investissement du coaching ?

Des études permettent d’obtenir des statistiques sur les apports du coaching. La Haute École de Coaching propose un résumé ici des chiffres 2021.
« Le retour sur investissement moyen pour les entreprises est de 5,7 fois le montant investi. »

Le retour sur investissement peut se rapporter à trois types d’avantages.

Les avantages tangibles, c’est-à-dire mesurables, et matériels, en termes financiers :

  • Augmentation du CA
  • Diminution des coûts

Les avantages tangibles et immatériels, mesurables avec des indicateurs chiffrés non monétaires, tels que :

  • Augmentation des ventes ou des profits
  • Taux de fidélisation des clients et partenaires
  • Augmentation des nouveaux clients
  • Diminution du turnover du personnel
  • Diminution de l’absentéisme
  • Amélioration de la productivité
  • Augmentation du taux de satisfaction clients
  • Diminution des plaintes clients/employés

Les avantages intangibles, immatériels et non-mesurables, qui reflètent une perception, tels que :

  • Meilleur travail d’équipe
  • Réunions plus productives
  • Diminution des relations conflictuelles
  • Amélioration du moral des salariés
  • Meilleur service à la clientèle
  • Augmentation de la satisfaction au travail
  • Meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée

Dans cet article de l’institut repère de 2019, centré sur le coaching de dirigeants, ils abordent la traduction en termes monétaires des bénéfices immatériels du coaching :

« Les limites du ROI : Comme nous l’avons plus haut, une focalisation excessive sur le seul rendement monétaire peut limiter la perception des multiples autres avantages et résultats positifs possibles de la démarche du coaching. De plus des interventions de coaching focalisées sur la maximisation du rendement financier peuvent avoir des effets négatifs, comme des résistances du système humain qui vont se traduire par des démotivations et désengagements, l’augmentation du stress et de l’anxiété liés à la réalisation d’une performance. La focalisation sur le ROI peut en effet bien représenter la position de l’investisseur et du gestionnaire, mais au prix d’une marginalisation des positions des autres parties prenantes (salariés, clients, partenaires…etc.). D’autres alternatives au ROI apparaissent utiles et nécessaires. »

La traduction en termes monétaires du retour sur investissement du coaching est à effectuer au cas par cas.

De plus, comme le coaching d’une entité, individu ou groupe, ou organisation, agit par propagation sur le reste du système, estimer le pourcentage d’impact de l’action de coaching relève de la croyance dans ce qui est du fait du coaching et ce qui en est indépendant.

La question doit également être posée de l’utilité du chiffrage du retour sur investissement du coaching : Pour justifier quoi auprès de quelle instance ? Pour prendre quel type de décision ?

Une manière de calculer le bénéfice du coaching est de calculer ce que ça couterait de ne pas faire intervenir un coach. Par exemple :

  • si des personnes quittent l’entreprise car elles ne sont pas satisfaites, combien coûte le recrutement dû au turn-over ?
  • si des ventes sont perdues parce que les employés ne respectent pas les processus de relance client ou de qualité, quelle est le manque à gagner de CA ?

Quel est le coût d’un coaching ?

Les tarifs et formats d’offres étant très variables, voici des exemples :

  • Coaching individuel :

Un coach à 180€/h qui propose 10 séances de 2h avec 3 réunions tripartites de 1h, cela donne 4440 € pour un coaching de collaborateur sur environ 6 mois, soit 1 mois de coût employeur pour un salarié à 2500€ net/mois.

  • Coaching d’équipe :

Un coaching d’équipe où le coach décide de participer aux réunions d’équipe de 2h, 2 fois par mois pendant 1 an, à 250€/h : 12000€.

Si l’équipe est constituée de 8 personnes à 1800€ net/mois en moyenne, le coût salarial employeur est de 8 x 3000 x 12 = 288 000 €

Le surcoût du coaching est de 4%, à comparer aux bénéfices du coaching de l’équipe.

  • Coaching de créateur d’entreprise :

Supposons un porteur de projet qui n’arrive pas à lancer son entreprise, qui pourrait lui rapporter 2500€/mois.

Il est soumis à 2 biais possibles :

  • Il souhaite bénéficier des aides car il peut obtenir 5000 à 10000€, et perd 6 mois à attendre le traitement des dossiers, 6 mois qui à moyen terme auraient pu lui rapporter 15000€ + 6 mois d’existence, d’expérience et de visibilité.
  • Il pense qu’investir 1000€ dans 10 x 1h d’accompagnement personnalisé par un coach, pour travailler sur sa posture et son mindset entrepreneurial, est trop cher. Si cet accompagnement lui permet d’obtenir ses résultats ne serait-ce qu’un mois plus tôt, il gagne 1500€, avec des compétences de dirigeants qui favoriseront la pérennité de son entreprise et la satisfaction de ses collaborateurs.

Qu’y a-t-il derrière le tarif d’un coach ?

Derrière l’heure rémunérée, il y a beaucoup de temps et d’argent investi pour la qualité de la prestation de coaching.

Le coach est une entreprise, avec tous les frais de fonctionnement et fonctions support que cela implique et que le coach réalise lui-même ou sous-traite.

Le principal outil du coach étant sa propre personne, il a investi de nombreuses heures sur plusieurs années pour travailler sur lui-même : connaitre ses parts d’ombre et ses blessures et les apprivoiser pour qu’elles soient aidantes dans son travail, analyser ses mécanismes de fonctionnement et ses croyances, les accepter ou les modifier, s’entrainer à gérer ses jugements, émotions et frustrations pendant qu’il est à l’écoute et au service de son client, sélectionner les techniques qui lui correspondent, etc. Il se rémunère donc de manière rétroactive pour cet investissement.

Le coach finance lui-même ses actions de développement professionnel continu, à travers des formations à de nouveaux outils, la supervision, les ateliers de co-vision avec ses pairs. Il effectue un travail de veille et de culture générale.

Le coach travaille pour son client en dehors des heures de séance : il réfléchit seul, fait le bilan après chaque séance et se prépare avant la suivante, il peut amener les cas en supervision pour être plus efficace et ajuster sa neutralité.

Le coach fait rarement plus de 2 à 3 séances par jour, et pas tous les jours.

S’il le souhaite, le coach peut contribuer à la profession par de l’investissement bénévole dans les fédérations, et par du coaching solidaire.

Enfin, un coach pour bien exercer doit être en sécurité ontologique, il doit donc toujours exercer un travail sur lui-même. Il doit également être en sécurité financière, à défaut il court le risque de déroger au code de déontologie.

Articles à visiter

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
scroll-to-top